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Jules Lafon
Bien qu'aujourd'hui intimement liée à l'histoire de
la Bourgogne, le domaine se doit d'aller chercher ses origines dans
le Sud-Ouest de la France, et plus particulièrement dans
le Tarn-et-Garonne. 
C'est en effet à Valence d'Agen que naquît, le 29 mars
1864, Jules Joseph Barthélémy Lafon. Son père,
Charles Lafon, effectua dans cette région, puis dans les
Pyrénées, sa carrière de conservateur des hypothèques.
Après des études qualifiées de brillantes par
ses professeurs, Jules intègre l'administration de l'Enregistrement.
C'est en tant que contrôleur qu'il est nommé à
Dijon en 1887.
L'histoire retiendra pour l'essentiel les dates suivantes :
- 22 janvier 1894, mariage avec Marie Boch,
dont la famille est propriétaire-négociant à
Meursault
- Février 1906 : démission de
l'administration, et début d'une carrière d'avocat
- 4 décembre 1918 : titre de comte
pontifical, par gratitude du Saint Siège sur son refus
d'utiliser sa charge d'inspecteur pour obliger les ecclésiastiques
à déclarer leur fortune.
- 1923 : alors maire de Meursault, Jules
Lafon eût l'idée de rétablir la tradition
du repas de fin de vendanges. Ce repas, traditionnellement, rassemblait
le propriétaire et ses ouvriers. Il invita 35 de ses amis
à un petit banquet : la Paulée de Meursault était
née, et devint rapidement le dernier volet des «
Trois Glorieuses », après le banquet du Clos de Vougeot
et la vente des vins des Hospices de Beaune. Aujourd'hui, près
de 600 personnes participent chaque année à la Paulée
de Meursault, au cours de laquelle est attribué le prix
littéraire du même nom.
- 1931 : abandon de toutes fonctions au barreau
de la Cour d'Appel de Dijon, pour se consacrer exclusivement au
domaine viticole
- 13 janvier 1940 : décède
dans sa propriété. Cf. Hommage publié dans
« Le Miroir Dijonnais et de Bourgogne », n° 211,
février 1940.
Les différents facettes de Jules Lafon : amateur d'art (peintures,
gravures, tapisseries -dont d'Aubusson-, mobilier - dont Boule-,
monnaies, médailles, miniatures chinoises,
), homme
de culture (richesse de sa bibliothèque, écrivain,
voyages), voire aventurier, comme en témoigne le récit
de son vol en aérostat en août 1892.
Le domaine viticole tel qu'il existe aujourd'hui, a été
pour l'essentiel constitué par Jules Lafon.
Il convient de distinguer :
- les parcelles issues de l'héritage
de Marie Boch (dont certaines ont été vendues, notamment
toutes les parcelles de Bourgogne générique)
- les achats ou échanges
Héritage Boch
- Monthélie (dont il ne reste aujourd'hui que " les
Duresses ". D'autres climats, tels " En la Rue-Chavy
", " Sous-le-Puits-de-Curty " ont été
revendus par Pierre et Henri Lafon)
- Clos des Chênes (Aboz), acquisition par Henri Boch en
1853
- Clos de la Barre et En la Barre
- Volnay Champans
- Volnay Santenots-du-milieu
Achats
- le Montrachet (en 1918)
- la Goutte d'Or
- les Genevrières-dessus
- les Perrières
- lesVolnay Santenots
- le Clos des Chênes
- une partie des Charmes
Pierre et Henri Lafon
L'intérêt qu'ils portèrent au domaine constitué
par leur père fut modeste. Après le décès
prématuré de Pierre en 1944, Henri entreprit clairement
de vendre le domaine (déjà très largement en
métayage). René Lafon, fils de Pierre, bien qu'à
cette époque travaillant et habitant à Paris, s'opposa
à cette démarche.
Au cours de cette période incertaine pour l'avenir du domaine,
le vignoble est exploité pour l'essentiel en métayage.
René Lafon
Après
son intervention déterminante pour éviter le démembrement
des vignes, René Lafon reprend le domaine en 1956. En collaboration
avec les métayers, il entreprit la remise en état
des vignes et fit d'importantes replantations. Graduellement, une
part de plus en plus importante de la récolte fût mise
en bouteilles, jusqu'à la totalité en 1961. L'intérêt
qu'il porte à la vigne et au vin l'amène, en 1967,
à quitter Paris pour s'installer définitivement à
Meursault, dans cette bâtisse victorienne qu'il occupe encore
aujourd'hui avec son épouse.

Dominique Lafon
Il prend la succession de son père en 1984, initialement
avec son frère Bruno. A partir de 1987, il entreprend de
rompre progressivement les contrats de métayages (baux de
9 ans). Ainsi, depuis 1993, les 13.80 hectares de vignes sont exploitées
intégralement par le Domaine.
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